Boulots noirs

Partager ces instants où le regard sort des sentiers battus…

Libre pensée

Ce soir, la première chaîne de la radio de Radio-Canada diffusait une émission spéciale de deux heures, explorant la vie et la carrière de l’écologiste Pierre Dansereau. Animée par Jacques Languirand, ce fut une émission d’une qualité remarquable.

J’ai toujours eu la plus grande admiration pour monsieur Dansereau dont le discours me touche directement. J’aime quand il dit: « Les grandes découvertes tiennent à la fois de la poésie et de la science: L’intuition et le déclenchement sont d’ordre poétique; l’analyse est d’ordre scientifique. »

En 1987, j’ai eu la chance d’accompagner un groupe de visiteurs du monde des communications, invités par des responsables du développement touristique de Charlevoix, à découvrir le parc des Hautes Gorges de la Malbaie. Monsieur Dansereau était du nombre des invités. Marcher en sa compagnie sur le sentier menant à l’Acropole des draveurs était très agréable: le pas alerte et le sourire aux lèvres, il ne cessait de s’émerveiller devant le spectacle offert; on aurait dit un enfant dans une confiserie!

Pierre Dansereau

Ce jour-là, en plus d’avoir le plaisir d’entendre ses commentaires sensés et sensibles, je lui ai gentiment « soutiré » le portrait ci-dessus. La netteté de l’image, prise à main levée en utilisant une pellicule peu sensible, laisse un peu à désirer, mais vous comprendrez que cet instantané est quand même précieux à mes yeux.

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  1. raphael 16 février 2007 4:51

    De lire cela au sujet de M.Dansereau me rappelle que la capacité de s’émerveiller, de porter un regard neuf sur chaque chose, et l’intuition qui en découle, peut mener en effet à une appréhension du monde, une science. Je ne voudrait pas prétendre que M. Dansereau serait d’accord avec tout ce qui est dit dans les extraits suivants, mais ils montrent bien le lien, qui reste encore inexploré par la science actuelle, entre imagination, intuition, poésie, science et nature…

    les citations sont de Owen Barfield, sauf mention contraire, et sont tirés du site suivant
    http://www.davidlavery.net/Barfield/Encyclopedia_Barfieldiana/Encyclopedia_Barfieldiana.html

    The true source of the poetic, felt change of consciousness occurs when ordinary consciousness is « shed like an old garment » and one sees « in a new and strange light ». This felt change is nothing less than the apprehension of meaning itself. The felt change of consciousness denotes « the momentary apprehension of the poetic by the rational, into which the former is forever transmuting itself–which it is itself for ever in process of becoming… ».

    (…)
    Systematic imagination, as Sanderson explains in Worlds Apart, « involves looking at the phenomena open-mindedly, without at that stage obtruding any theoretical cerebration, conscious or unconscious, and letting them speak to you for themselves » (146). In practicing it, the observer reaches a certain point (« the prime phenomenon »), stops there and endeavors rather to sink himself in contemplation in that phenomenon than to form further thoughts about it.

    (…)
    Sanderson in dialogue with Burgeon in Worlds Apart:

    Sanderson: . . . One of the first principles of science is that all feeling must be ruled out, where scientific investigation is concerned. But then it is always assumed that, when one speaks of « feeling, » one means subjective feelings–wishes and so forth–by which one’s thinking is unconsciously influenced. But that is not what I mean at all. There is such a thing as objective feeling, which can be used as a means to clearer thinking and deeper perception.

    Burgeon: Any competent poet or painter knows that.

    Sanderson: Yes, but his object is not scientific investigation. What I am trying to put is, that, if a man deliberately strengthens his thinking in the sort of way I am suggesting–by uniting with it the natural energy of his feeling and willing–he begins to penetrate, with consciousness, into those other parts of his organism where the older relation between man and nature still persists.

Quelque chose à dire ?