Boulots noirs

Partager ces instants où le regard sort des sentiers battus…

Vents violents

Pour moi, 2006 aura été l’année des arbres déracinés par le vent.

En août dernier, en route pour aller pagayer dans la Baie Georgienne, j’ai vu des dizaines de grands arbres déracinés par le vent le long de la rivière Mattawa. Certains secteurs de la ville de Mattawa ont d’ailleurs été durement touchés et le parc Samuel de Champlain, situé non loin de là, a même dû fermer ses barrières pendant plusieurs jours pour réparer les plus gros dégâts.

Un peu partout durant notre séjour à la Baie Georgienne j’ai vu des centaines d’arbres couchés au sol par les fureurs d’Éole, et je remarque de plus en plus d’arbres déracinés lors de mes déplacements sur les routes et en forêt.

Arbre déraciné

Le 15 décembre dernier, un cyclone extra-tropical a défiguré le parc Stanley en Colombie-Britanique. « Les cicatrices de cette catastrophe seront encore visibles dans 30 ou 40 ans » déclarait cette semaine le directeur du troisième plus grand parc urbain d’Amérique du Nord.

Le 7 mars dernier, en faisant le portrait d’un grand orme de ma région (voir « Le bel arbre ») je n’imaginais pas que ces clichés seraient les derniers que je ferais de ce magnifique géant. À ma grande surprise (un orme déraciné est un fait rare) le géant a été vaincu par les grands vents au début du mois d’août; ce coin de paysage est devenu d’une banalité désolante!

Fantôme du grand orme

Dans la vallée laurentienne, religieusement, on a respecté les grands ormes qui règnent sur les grands champs. Et ils sont merveilleux à voir du sommet des collines, promener au rythme lent du soleil, sur le feutre vert des prés, sur le tapis fauve des champs moissonnés, de grands disques d’ombre, rousselés par le pelage des vaches à la sieste. Et quels superbes pied-à-terre ils offrent, les beaux ormes, pour reposer un instant les oiseaux pèlerins ! Semés dans la plaine parmi les clochers des églises, ne sont-ils pas eux aussi, des cathédrales d’autre sorte, ajourées pour la prière menue du peuple des oiseaux ?…

(Extrait de: « La chanson des ormes », Marie-Victorin, Croquis Laurentiens, Paris & Tournai, Casterman, 1920)

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