Boulots noirs

Partager ces instants où le regard sort des sentiers battus…

Archive pour la catégorie 'Société'

Pigeons voyageurs

Pigeons

Depuis l’antiquité, les pigeons voyageurs ont joué un rôle important dans les communications entre les humains. Grâce à eux, des guerres ont été gagnées, des complots éventés, des amoureux réunis.
De nos jours, à Hawaï, la marine américaine possède des pigeons spécialement entraînés au repérage et au sauvetage en mer. Les oiseaux, qui ont une excellente vue, sont efficaces à 90%, alors que l’homme n’atteint que 30%. » (source)

Il est cependant révolu le temps où il fallait être colombophile pour mieux savoir ce qui se passait dans le monde. Aujourd’hui, les nombreux moyens de communication qui sont mis à notre disposition devraient déjà avoir fait de notre planète ce « village global » que nous annonçait McLuhan au début des années soixante. Et pourtant, on se croirait encore souvent au moyen-âge…

Aujourd’hui, j’ai reçu un courriel auquel était attaché un de ces petits diaporamas qui circulent par millions dans le cyberespace. Généralement, ces petits montages multimédia ne transportent que de jolies images agrémentées de textes plutôt banals, que des centaines de milliers de personnes bien intentionnées s’empressent de partager avec leurs parents et leurs amis. D’autres, par contre, ont des intention beaucoup moins honnêtes et celui qui m’est parvenu ce matin m’a, une fois encore, fait monter la moutarde au nez! Intitulé « Révoltant », l’hypocrite missive visait cette fois à m’indigner face à l’islam.

L’auteur y affirme d’abord ce qui suit:

Un enfant de huit ans,
attrapé sur un marché en iran
pour avoir volé du pain,
est puni sur place publique
au nom de l’islam !!!

Son bras sera écrasé par une voiture
& il en perdra définitivement l’usage !!!

religion de paix & d’amour, disent-ils !!!
Ils veulent faire croire ça qui ???

Ce mauvais texte était suivi d’une salve de photos montrant l’action dans le détail, et se terminait par la déclaration suivante:

Quand on est capable
de faire ça à un gosse,
on ne vient pas parler
de religion de paix & d’amour !!!

Au nom de qui & de quoi
peut-on faire & laisser faire
ce genre de choses !!!

Au départ, l’absence de signature, le contenu puéril et l’avalanche de points d’exclamation auraient dû mettre la puce à l’oreille de la première personne qui a reçu ce torchon. Dans les photographies, plusieurs détails et attitudes laissent croire que le geste n’est pas aussi barbare que le laisse entendre l’auteur. On y voit par exemple, bien en évidence, un épais tissus soigneusement enroulé et disposé sous le bras du gamin; le « bourreau » voulait-il éviter que l’enfant s’égratigne le bras sur le sol? On pense évidemment à ces « tours de forces » et autres records d’un goût douteux qui font la joie des désœuvrés partout dans le monde. En y regardant de plus près, on constate aussi que les clichés portent la signature d’un photographe et le nom d’un journal ou magazine.

Une première recherche dans « Google » avec le nom du photographe, et une seconde avec l’expression « bras écrasé par une voiture », ont immédiatement confirmé mes doutes: l’auteur du message haineux avait volontairement omis de montrer le dernier cliché de la série qui montre que l’enfant est indemme.

En quelques minutes, j’ai appris que le photographe et son journal sont bien réels (Siamak Yari / Peykeiran) , et que les deux ont eu à répondre à plusieurs demandes d’informations, en provenance de personnes indignées qui avaient eux aussi reçu le maudit diaporama « révoltant »…

Révoltant, en effet, que des têtes brûlées puissent ainsi inonder la planète de messages incitant à la haine en toute impunité. Déprimant aussi de constater que des dizaines de milliers de personnes contribuent à alimenter l’intolérance et l’ignorance en disséminant ces mensonges sans réfléchir; ne réalise-t-ils pas qu’ils nourrissent ainsi la vague de peurs et de préjugés dont ils seront demain les victimes?

Si vous recevez un message dont la teneur vous laisse songeur, s’il vous plaît assurez-vous donc de la véracité de son contenu avant de le faire suivre à qui que ce soit. Ensuite, si vos recherches démontrent la fausseté des propos ou des images que vous avez reçu, n’hésitez pas à en informer immédiatement votre correspondant, en lui demandant de faire de même auprès de ses amis.

Voici deux bonnes adresses qui, au royaume de Cybérie, ferons de vous de meilleurs voyageurs… sans être des pigeons!

C’est un canular ou pas? Hoaxkiller
À qui ai-je affaire? Les six questions du cyberespace

4 commentaires

Pour toujours

Tee-pee

Le ministre des Affaires indiennes
rencontra les chefs dènès à Yellowknife,
discuta de leurs droits et conclut avec ces promesses:

« Vos ancêtres ont vécu sur 1 000 000 de kilomètres carrés,
et vous aussi avez tous les droits sur ces 800 000 kilomètres.
Tant que le soleil brillera,
vous pourrez occuper ces 600 000 kilomètres.
Aussi longtemps que le grand fleuve coulera,
vous vivrez librement sur ces 400 000 kilomètres.
Cependant, vos 200 000 kilomètres font partie du Canada
et les lois canadiennes prévaudront
sur l’ensemble de vos 100 000 kilomètres.
Si des Blancs veulent s’établir
sur votre territoire de 50 000 kilomètres,
et exploiter les ressources de vos 20 000 kilomètres,
vous devrez partager vos 5 000 kilomètres avec eux.
Mon gouvernement garantira vos droits
sur vos immenses 2 000 kilomètres,
et vos enfants pourront vivre pour l’éternité
sur vos 500 kilomètres de territoire.
Après notre accord sur vos 200 kilomètres,
je vous donnerai un drapeau canadien
que vous pourrez faire flotter n’importe où
sur les 50 kilomètres de votre territoire
en signe de notre entente sur vos 10 kilomètres.
Même si l’intérêt national exige
que vous abandonniez votre kilomètre de territoire
je promets qu’il vous restera quand même assez de place
où vous pourrez vous asseoir et vous tourner les pouces ».

(René Fumoleau)

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Hiérarchie de mes fesses.

« Le mépris de l’inférieur est un grand principe d’émulation et le fondement de la hiérarchie. »

-Anatole France, Le mannequin d’osier (1897)

La hiérarchie est une drôle de chose, ne trouvez-vous pas? Entretenu par ceux qui en profitent, toléré comme un phénomène naturel par ceux qui en font les frais, ce concept vieux comme l’envie se porte toujours à merveille. L’origine grecque de ce mot, qui signifie « ordre établi par les prêtres », montre déjà la volonté de domination qui guide le concept.

Ombres de chaises

Curieusement, un objet en apparence aussi banal qu’une chaise, peut s’avérer un symbole hiérarchique éloquent, puisqu’elle fut longtemps un privilège réservé aux personnes de haut rang, le peuple se contentant de poser ses fesses sur un coffre, un tabouret ou un banc. Il faudra attendre la Renaissance pour la voir entrer dans les résidences des gens aisés et jusqu’au XVIIIe siècle pour qu’elle devienne un meuble populaire.

Le simple fait de se lever ou d’inviter la personne qu’on rencontre à s’asseoir, n’est donc pas toujours un geste aussi innocent qu’on pourrait le croire…

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Heureuse coïncidence

Skieur unijambiste

Hier soir, je rentrais chez-moi en auto tout en écoutant la reprise de l’émission « Indicatif présent », diffusée sur la première chaîne de Radio-Canada. J’ai souri en entendant le journaliste sportif Robert Frosi reprendre mon propos de dimanche concernant les jeux paralympiques de Turin. Son éditorial s’intitulait : « Le plus handicapé des deux n’est pas forcément celui qu’on croit! ».

Comme d’habitude, les propos de M. Frosi étaient francs, clairs et directs. Bien entendu, sa conclusion était un brin plus polie que la mienne. Question de tempérament sans doute; question surtout de ne pas scier la branche sur laquelle il est assis…

Bravo monsieur Frosi! Ne reste plus qu’à espérer que vos patrons comprennent la pertinence de votre intervention!

NOTE: Pour ré-entendre l’éditorial de Robert Frosi allez dans la section baladodiffusion de Radio-Canada et faites une recherche avec le mot « Frosi »; dans la liste des résultats, choisissez « Indicatif Présent », émission du 15 mars 2006.

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Ségrégation sportive?

En 1987 de formidables skieurs québécois dévalaient les pentes des Rocheuses canadiennes. J’ai eu la chance de les photographier et de skier avec certains d’entre eux. Leur élégance sur les pentes m’a beaucoup impressionné. Et que dire de leur force et de leur vitesse durant les compétitions! À la fin des épreuves, ce jour-là, j’ai eu la curiosité d’essayer le même parcours qu’eux. J’étais alors en excellente forme et assez bon skieur. Mon seul but était d’évaluer la difficulté de la course, en essayant de franchir correctement toutes les portes, jusqu’à la ligne d’arrivée. Même en descendant beaucoup moins vite que les compétiteurs l’avaient fait avant moi, la pression latérale dans les courbes était tellement grande que j’ai été éjecté de piste à mi-parcours! Une belle leçon d’humilité et une admiration encore plus grande pour ces athlètes hors du commun.

Skieur unijambiste

Les jeux paralympiques ont lieu actuellement à Turin et j’aurais vraiment apprécié que notre télévision publique nous retransmette ces compétitions. À mon avis, les personnes qui ont jugé que les exploits de ces super athlètes ne méritaient pas d’être diffusés ici sont les seuls handicapés dont il est question dans cette histoire…

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Prendre le champ

Dimanche, 14:45 h. Au retour de la ville, nous découvrons un curieux visiteur dans le champ voisin. Je crois à un atterrissage d’urgence et je marche vers l’appareil, tout en prenant quelques photos, mais l’avion décolle avant que j’ai eu le temps d’offrir mon aide au pilote.

Petit avion posé dans un champ

Moins de deux heures plus tard, il se pose à nouveau au même endroit. Un homme et un enfant en descendent. Salutations au pilote, qui reprend l’air immédiatement, pendant que ses passagers regagnent leur camionnette, laissée en bordure de la route.

Des promeneurs, qui faisaient une ballade en raquettes dans ce même champ au moment du premier décollage, ont sans doute été aussi étonnés que moi de cette intrusion aérienne.

Petit avion décollant dans un champ

Nous traversons régulièrement ce champ pour aller faire de la raquette dans le boisé voisin; il faudra désormais penser à regarder en l’air avant de s’y engager…

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Temps moches

Encore une fois, mon pays perd la boussole. Les analystes de tous poils tournent autour des médias, décrivant en mille mots le vide abyssal des projets politiques. Les profiteurs promettent à tour de bras, et courent hystériquement d’un océan à l’autre, toujours dans le sens du vent. L’opinion publique, indécrottablement amnésique, tourne, freine, repart et s’élance dans le vide…

Mésange en vol

Encore une fois, les saisons s’emmêlent dans le calendrier et les oiseaux dérapent sous la pluie et le vent.

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L’allégorie de la grenouille

Vue sur le site Internet d’Équiterre aujourd’hui, cette petite animationUn geste à la fois!
en dit long sur notre situation écologique et sociale…

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Le péril rouge

Cette année, la parade du Père Noël célèbre son centenaire. C’est peut-être ce qui explique que, depuis quelques jours, une bande de bruyants Pères Noël a commencé à parcourir le pays pour distribuer des promesses de cadeaux à tous vents…

Trois Pères Noël

Image croquée à l’entrée d’une pharmacie de Québec, il y a quelques jours.

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Loi sur la protection du paysage

En France, depuis 1993, une loi protège les paysages.

« La loi française sur la protection du paysage donne à l’État le pouvoir de définir, en concertation avec les collectivités territoriales concernées, les territoires remarquables par leur intérêt paysager…

La loi française sur la protection du paysage oblige par ailleurs, toute personne qui demande un permis de construire, à soumettre des documents graphiques ou photographiques précisant l’insertion dans l’environnement et l’impact visuel des bâtiments ainsi que le traitement de leurs accès et de leurs abords (art. 4). La même loi étend la protection des espaces boisés en autorisant le classement d’arbres isolés, de haies ou de réseaux de haies et de plantations d’alignements (art. 3). Elle contient finalement diverses dispositions relatives à la protection du paysage lors d’opérations d’aménagement foncier (art. 9-19). »

(Extrait de: Comparaison entre la loi sur les paysages en France et les outils de planification et de réglementation au Québec, par Jacques L’Heureux et Jacques Tremblay.)

Au Québec, on commence à peine à s’intéresser au sujet. Le paysage étant un patrimoine collectif, il faut espérer que la prise de conscience le sera aussi!

Installations industrielle à Pont-Rouge

« Le paysage est d’intérêt public, de responsabilité individuelle et collective. … Les interventions sur une portion de territoire par un propriétaire foncier ou un organisme engage sa responsabilité à l’égard des valeurs collectives et publiques du paysage. »

(La charte du paysage québécois, préambule)
Conseil du paysage québécois

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